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Rat Behavior and Biology : Rats sauvages en captivité, rats domestiques dans la nature

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Rats sauvages en captivité et rats domestiques dans la nature
(http://www.ratbehavior.org/WildAndDomesticRats.htm)


Auteur original : Anne Hanson (4 octobre 2005)
Traduction : Cécile Voisin (29 juin 2011)
Correction : Charlotte Dumartin, Estelle Deyrieux et Laura De Paepe


Sommaire

Introduction

Que se passe-t-il si vous placez un animal sauvage en captivité ? De par sa constitution "robuste", est-il vraiment en meilleure santé que ses cousins domestiques "dégénérés" ? Que se passe-t-il pour les animaux sauvages élevés en captivité sur plusieurs générations ?

Et en ce qui concerne l'inverse : relâcher un animal domestique dans la nature ? Est-il démuni, tel un citadin lâché dans le rude monde sauvage ? Retrouve-t-il son instinct sauvage ?

Ces deux situations sont en fait très similaires. Dans les deux cas, un animal adapté à un environnement particulier est placé dans un environnement radicalement différent. Les critères de réussite ne sont pas du tout les mêmes. Dans un environnement sauvage, le rat prospère doit être réactif aux changements, fuir les humains, trouver des rats du sexe opposé pour se reproduire, trouver de la nourriture et un abri dans un environnement complexe et éviter les prédateurs. Dans un environnement domestique, le rat prospère est celui qui est passif aux changements, qui tolère les humains, qui se reproduit volontiers avec n'importe quel membre du sexe opposé qu'on lui présente, qui supporte le confinement, les lumières vives, la quasi-absence d'endroits où se cacher, un environnement simple, et la manipulation par les "prédateurs" humains.

Échangez leurs places, et de nombreux rats auront beaucoup de difficultés à se faire aux changements.

La sélection naturelle est sévère pour les premières générations suivant le passage de la nature à la captivité ou de la captivité à la nature. La sélection naturelle agit sur les populations : les individus qui sont peu adaptés à leur nouvel environnement meurent ou n'arrivent pas à se reproduire. Ainsi, la mortalité et l'échec reproductif sont élevés chez les rats sauvages placés en captivité, et chez les rats domestiques lâchés dans la nature. Les survivants sont ceux qui présentent les caractéristiques compatibles à ces nouvelles situations.

Voici une analogie. Pensez à l'équipe de sport nationale de votre choix. Les joueurs sont très doués dans leur domaine : leur sport. Certains sont meilleurs que d'autres, mais tous les membres sont très doués. S'ils ne l'étaient pas, ils seraient éliminés de l'équipe. Maintenant, transportez-les dans un nouvel environnement : mettez les tous dans une pièce et dites-leur que le seul moyen d'en sortir est de prouver leur aisance dans quatre langues. Tout d'un coup, ces stars du sport se retrouvent inadaptées à leur nouvel environnement. Un petit nombre d'entre eux pourrait réussir à parler quatre langues, et ceux-ci survivront. Les autres échoueront.

La situation inverse est aussi vraie : placez un groupe de polyglottes parlant quatre langues dans une pièce et dites leur que la seule manière d'en sortir et de prouver qu'ils maitrisent le niveau mondial d'un sport. Quelques-uns de ces polyglottes pourraient faire preuve d'une superbe capacité sportive, mais la majorité échoueront.

C'est la même chose pour les animaux sauvages dans un environnement domestique ou les animaux domestiques dans la nature. Les critères de réussite ont changé, et la plupart des animaux, bien adaptés à leur ancien environnement, se retrouvent peu adaptés au nouveau. Beaucoup échouent, certains survivent.

Les survivants forment la base de la génération d'animaux à venir dans le nouvel environnement. La seconde génération, et toutes les générations suivantes, traverseront le même tamis, et seuls ceux qui survivent et se reproduisent transmettront leurs caractéristiques aux générations ultérieures. Après plusieurs générations, la nouvelle population peut avoir l'air très différente et agir très différemment de la population d'origine.

La sélection naturelle n'est pas la seule force agissant sur les animaux dans leurs nouveaux environnements. La sélection laxiste (retrait de sélection naturelle pour certaines caractéristiques) joue aussi un rôle à la fois dans les deux environnements, et la sélection artificielle (reproduction préférentielle d'animaux ayant certaines caractéristiques par leurs exploitants humains) joue un rôle dans la captivité.

Finalement, les animaux ne sont pas des sujets passifs de la sélection naturelle. Ils peuvent agir et répondre à leur environnement, et beaucoup d'entre eux peuvent apprendre et s'ajuster individuellement aux situations nouvelles.

Rats sauvages en captivité

Les animaux sauvages, dont les rats, sont plus actifs et réactifs que les animaux ayant été domestiqués depuis plusieurs générations.

Les animaux sauvages peuvent être extrêmement stressés par l'environnement captif. Contrairement au milieu naturel, l'environnement captif est très confiné, ne fournit que peu de cachettes, est empli de lumières vives, et est entouré de "prédateurs" humains qui approchent et manipulent les animaux. Ces conditions stressantes entraînent fréquemment la mort ou l'échec reproductif des animaux sauvages en captivité.

Mortalité des animaux sauvages en captivité

La mortalité des animaux sauvages en captivité peut être lourde lors de ces premières générations. Par exemple, Blus (1971) a établi une colonie reproductive de musaraignes à queue courte en captivité et a découvert que seulement 11 % de ses musaraignes capturées dans la nature, et 9 % de ses musaraignes nées en captivité, survivaient jusqu'à l'âge de 12 mois. L'âge moyen de décès était de seulement 5 mois (révisé dans Price 2002).

Échec reproductif en captivité

L'échec reproductif inclut l'incapacité à s'accoupler, l'incapacité à produire des portées de taille normale, et l'incapacité à élever les ratons avec succès.

L'échec reproductif est courant dans la nature et chez les premières générations d'animaux en captivité. Seulement 49 % des premières générations de rats bruns sauvages ont copulé avec succès en captivité (Price 1980). Sur les rates donnant naissance, seulement 43 % ont élevé avec succès leur progéniture jusqu'au sevrage, le reste étant cannibalisé ou abandonné (Clark et Price 1981). Trut (1999) a découvert que seulement 14 % des rats bruns attrapés dans des champs ont produit une progéniture survivant jusqu'à l'âge adulte (voir Price 2002).

Les portées sont généralement plus petites (en moyenne 6 petits) chez ces rats sauvages de première génération (Clark et Price 1981). En revanche, les rats sauvages dans la nature, et les rats domestiques en captivité produisent de grandes portées de tailles similaires, contenant en moyenne 10 petits (Davis 1951, Boice 1972). Il faut environ 20 générations en captivité pour que la taille des portées des rats revienne à la normale (King 1929, 1939). Bien entendu, d'autres changements ont lieu (e.g. réduction de la taille du cerveau, Rohrs 1999, Kruska 1975a et b) que l'on ne retrouve pas chez les souches sauvages, mais je ne développerai pas cela ici.

Domestication : adaptation à la captivité

En règle générale, lorsqu'une espèce sauvage est mise en captivité elle a un énorme ajustement à faire pour prospérer dans l'environnement captif. Cet ajustement signifie le décès ou l'échec reproductif de beaucoup, beaucoup d'individus qui ne sont tout simplement pas capable de passer à la captivité.

Parfois, les animaux qui meurent ou n'arrivent pas à se reproduire sont les même animaux qui seraient très prospères dans la nature : les individus actifs, fuyards, ayant une faible tolérance aux êtres humains. Ce sont les individus passifs, moins réactifs, moins peureux et plus calmes qui survivent et se reproduisent le mieux en captivité. Ces individus forment la fondation de la souche domestique et leur progéniture porte ces caractéristiques (voir Price 2002 pour en savoir plus).

Ce procédé est appelé sélection naturelle en captivité, et c'est un point décisif pour ces quelques premières générations, un grand nombre d'animaux mourant ou n'arrivant pas à se reproduire, en dépit des actes et des souhaits de l'éleveur humain. La population d'animaux résultante, descendant des survivants, peut être très différente de la souche sauvage d'origine, étant donné que ces animaux s'adaptent à leur nouvel environnement captif. (La sélection naturelle en captivité est un problème pour les programmes qui reproduisent des animaux en voie d'extinction pour les relâcher dans la nature, mais c'est un autre sujet).

La sélection naturelle en captivité se combine à la sélection artificielle, c'est-à-dire qu'un être humain reproduit de manière préférentielle certains animaux afin de produire plus d'animaux avec une caractéristique désirée sur la prochaine génération.

Apprivoisement

La capacité à être apprivoisé est un facteur important de la domestication. Les animaux qui peuvent tolérer la présence et la manipulation des humains ont plus de chances de survivre et de se reproduire avec, à la fois, la sélection naturelle et la sélection artificielle. La sélection naturelle joue un rôle car les animaux qui ne peuvent pas tolérer la présence humaine et la manipulation pourraient mourir ou ne pas réussir à se reproduire. La sélection artificielle joue aussi un rôle car les humains préfèrent travailler avec des animaux faciles à capturer et à manipuler, et reproduisent de préférence des animaux ayant ces caractéristiques.

Des facteurs génétiques et expérientiels influencent la docilité : les individus héritent d'une capacité à être apprivoisés plus ou moins bonne, et l'expérience que chaque animal a avec les humains détermine l'étendue potentielle que peut atteindre la docilité.

La capacité à être apprivoisé a une composante transmissible qui répond bien à la sélection artificielle. Chez les rats, certaines couleurs de pelage sont associées à la docilité : les rats non-agouti (noirs) et les rats hooded provenant de souches sauvages sont plus dociles que leurs homologues agouti unis (plus d'informations sur la couleur de la robe et la manière dont elle affecte le comportement) (Keeler 1942, Cottle et Price 1987). Aujourd'hui, environ 80 % des souches de rats de laboratoire domestiques sont homozygotes pour l'allèle non-agouti (Price 2002). Cette relation entre la docilité et la couleur de pelage a été découverte chez d'autres espèces (e.g. souris sylvestres, Hayssen 1997; renards, Trut 1999).

Le fait que les êtres humains manipulent l'animal lorsqu'il est jeune a aussi un effet important sur la docilité. Galef (1970) a élevé une première et une troisième génération de rats sauvages (les descendants directs de rats sauvages capturés sur les quais de Philadelphie) dans différentes situations : avec leurs mères sauvages ou avec des mères domestiques, avec des petits camarades sauvages ou domestiques, avec une exposition minimale ou maximale aux humains, et avec ou sans manipulation régulière par des êtres humains (2 minutes par jour de l'âge de 10 à 23 jours). Seule l'expérience de la manipulation directe a été associée à la facilité de la capture et de la manipulation. Cependant, la manipulation n'affecte pas la timidité des rats sauvages envers les nouveaux objets ni l'agressivité envers les autres rats ou les souris. Les rats sauvages manipulés étaient tout aussi timides que les rats sauvages non-manipulés. Ainsi, la manipulation est vraiment un contexte spécifique : la manipulation réduit l'agressivité envers les humains, mais n'a que peu d'effet sur les autres comportements typiques des rats sauvages.

Dans une expérience similaire, Hughes (1975) a élevé des rats sauvages dans trois situations : (1) il a laissé des mères rates domestiques élever un groupe de bébés sauvages, (2) il a fourni un environnement enrichi à un groupe de bébé sevrés, et (3) il a régulièrement manipulé un troisième groupe de bébés sauvages avant leur sevrage. Il a découvert que la manipulation effectuée tôt a eu un bien meilleur effet sur la docilité que les autres situations. Les rats manipulés étaient moins émotifs et avaient un comportement se rapprochant plus de celui des rats domestiques. En revanche, le fait d'être élevé par une mère domestique ou de jouer dans un environnement enrichi n'a eu que peu d'effets sur la docilité.

Cela indique que de telles manipulations effectuées tôt entraînent des changements majeurs dans le système neuro-endocrinien (Denenberg et al. 1967). Un mécanisme possible implique la réceptivité des glandes surrénales. Levine et al. (1967) ont manipulé des ratons ayant de 1 à 20 jours tous les jours en les prenant, en les plaçant individuellement dans une boîte partiellement remplie de copeaux pendant trois minutes, pour ensuite les replacer dans leur cage. A l'âge de 80 jours, les glandes surrénales des rats manipulés étaient moins réceptives au stress lorsque les rats étaient placés dans une zone ouverte pendant 3 minutes (voir aussi Levine 1968).

La biochimie de l'apprivoisement : la biochimie cérébrale à la base de la docilité implique le système sérotoinergique. Les rats sélectionnés pour leur docilité ont plus de sérotonine, un neurotransmetteur ou de récepteurs à la sérotonine (Naumenko et al. 1989, Popova et al. 1991, Hammer et al. 1992). La sérotonine est impliquée dans l'inhibition de l'agressivité induite par la peur. La sérotonine est aussi impliquée dans la régulation de l'hormone gonadique et des réponses au stress. Chose intéressante, la docilité peut être induite pharmacologiquement avec l'injection d'agonistes sérotoinergiques (Blanchard et al. 1988).

Rats domestiques dans la nature

Sans surprise, il y a moins d'informations sur les animaux domestiques s'adaptant à la nature (féralisation) que sur les animaux sauvages s'adaptant à la captivité (domestication). Nous, êtres humains, n'observons pas souvent de féralisation, contrairement à la domestication.

Les animaux domestiques relâchés dans la nature pourraient avoir plus de handicaps que leurs homologues sauvages. Ils pourraient manquer de certaines réponses structurelles, physiologiques et comportementales aux stimuli environnementaux qui sont normalement acquises très tôt par leur homologues vivant en milieu naturel. Ces déficits pourraient entraîner une mortalité accrue des rats domestiques relâchés dans la nature (voir Price 2002 pour en savoir plus).

Condition physique : La vie dans la nature requiert de meilleures conditions physiques que la vie en captivité. La taille plus importante de certains animaux captifs pourrait être due à une meilleure nutrition et un manque d'exercice. Une taille si large pourrait être un handicap dans la nature si elle affecte la mobilité et l'agilité (Price 2002).

Attributs structurels : Certains rats domestiques sont blancs ou ont des tâches blanches sur leur fourrure. Ces tâches pourraient être voyantes pour les prédateurs, entrainant une plus grande prédation des animaux ayant de la fourrure blanche. De plus, les animaux albinos ont une vue très faible, ce qui pourrait encore affaiblir leurs chances de survie.

Réponses comportementales : Les animaux relâchés peuvent trouver de la nourriture et un abri, développer des aptitudes anti-prédateurs, interagir de manière appropriée avec leurs conspécifiques s'ils les rencontrent, et s'orienter (se disperser, retrouver son chemin) dans un environnement complexe (Price 2002). Des déficits comportementaux pourraient résulter en une croissance plus lente et une mortalité plus élevée.

Réussite du rat domestique dans la nature

Les rats domestiques sont donc désavantagés par rapport à leurs homologues vivant dans la nature. Les comptes-rendus sur les rats domestiques fondant des populations férales dans la nature sont rares. Donaldson (1916) a fait quatre tentatives pour féraliser des rats albinos qui ont échoué. King et Donaldson (1929) ont tenté cinq fois d'établir des populations de rats albinos férals sur des sites allant du Massachusetts à un groupe d'îles dans le Golfe du Mexique. Toutes les tentatives ont échoué.

Cependant, dans certains cas, les rats domestiques pourraient survivre et établir des populations en conditions naturelles ou semi-naturelles.

Rats domestiques dans des conditions semi-naturelles

Rats albinos dans un enclos extérieur dans le Missouri, USA : Boice (1977) a relâché dix rats domestiques (5 mâles, 5 femelles) dans un large enclos extérieur et les a étudié durant deux ans. Il a découvert que les rats ont construit et vécu dans des terriers qui étaient indiscernables des terriers des rats sauvages. Ils ont suivi les sentiers réguliers au-dessus du sol comme ceux que l'on voit chez les rats sauvages. Les rats ont été résistants face aux extrêmes climatiques, survivant à des températures allant jusqu'à -30° C. Les rats se sont reproduits avec succès, produisant majoritairement des portées au printemps et en automne. Ils ont établi une population stable logeant environ 50 rats, sur un total de cinq générations.

  • Comportement : Seules les femelles ont stocké plus que quelques graines de nourriture. Certains mâles ont été agressifs entre eux (bonds, coups, marche en crabe, et cris) mais aucune bagarre sérieuse n'a été observée. Un rat était exclu et n'a jamais été dans un terrier. Il se recroquevillait à l'extérieur même lors de tempêtes et a survécu comme ça pendant trois mois. Les rats se mettaient en tas allant jusqu'à 20 rats lorsqu'il faisait froid, probablement pour conserver la chaleur. Les rats suivaient des sentiers au dessus de sol et les marquaient de leur urine. Les excréments étaient autant fait en-dessous qu'au-dessus du sol.
  • Terriers : Tous les membres du groupe, mâles et femelles (sauf les vieux mâles) ont creusé des terriers. Les rats de 90 à 110 jours sont ceux qui ont creusé avec la plus grande intensité. Les terriers ressemblaient à ceux des rats sauvages : ils commençaient par un trou d'entrée avec de la terre dispersée autour de la moitié, ils ont construit une chambre de nidification à la fin du premier tunnel, ils construisaient toujours un refuge, creusé par en-dessous, par le second tunnel. Le diamètre, profond, et long des tunnels et le nombre de chambres de nidification étaient très similaires à ceux des rats sauvages.


L'expérience de Boice démontre que les rats domestiques peuvent survivre à des températures rigoureuses, construire des abris pour eux-mêmes et se reproduire avec succès en de telles conditions. Ils n'ont pas perdu leurs aptitudes même après des centaines de générations en captivité. A noter, cependant, que l'expérience de Boice n'était pas une vraie libération dans la nature : ces rats recevaient de la nourriture et de l'eau quotidiennement et étaient protégés contre les prédateurs.

Rats albinos et hooded dans une cour de ferme de Oxfordshire, Royaume-Uni : Dans un autre compte-rendu, Manuel Berdoy a relâché 75 rats de laboratoires albinos et hooded dans un enclos d'une cour de ferme d'Oxfordshire. Les rats ont trouvé de l'eau, de la nourriture et un abri. Ils ont établi des chemins dans leur environnement et ont creusé des terriers. Ils ont mis en place une hiérarchie sociale et se sont reproduits avec succès. De par la présence d'un enclos, ils n'étaient pas confrontés à des prédateurs naturels ou des rats sauvages (film documentaire Berdoy 2003, rapporté dans Peplow 2004).

Rats dumbo beiges dans un poulailler à la Nouvelle-Orléans, USA : Au printemps 2004, une portée de six ratons de 5 ou 6 semaines beiges dumbo rex et lisses se sont échappé de leur cage, qui se trouvait en extérieur sous une véranda d'un quartier urbain. Les rats ont découvert un poulailler dans la cour et ont commencé à vivre dans l'espace sous le sol, avec quelques tunnels profonds. De la nourriture était fournie aux poulets chaque jour, ainsi les rats avaient une source facile d'alimentation. Les tentatives pour les attraper ont été infructueuses. Comme ils n'agressaient pas les poulets, leur présence a été acceptée. Quand le sol du poulailler a été retiré, les rats sont partis dans des tunnels plus profonds. Au moins une portée a été faite sous le poulailler, celle-ci ayant été découverte lorsque le sol a été retiré. La nouvelle portée née sous le poulailler a été remis en captivité, mais les évadés d'origine n'ont pas été capturés. Aucune autre portée n'a été recensée.

Les rats ont été énormément manipulés avant leur évasion, et étaient très dociles. Après leur évasion, cependant, ils sont devenus timides, bien que pas autant que les rats sauvages. La plupart des rats ne sont que rarement sortis du poulailler, bien qu'un audacieux a une fois fait une tentative de retour dans la véranda. La rate audacieuse d'origine est probablement morte d'une blessure infectée à la queue faite lors d'une tentative de capture infructueuse. Elle a été suivie par un mâle. Ce mâle n'était pas vraiment peureux et laissait une main l'approcher de près avant de fuir. La famille humaine dans son entier, chien inclus, pouvait se tenir sur le porche et le regarder, il restait imperturbable, tant que personne ne faisait de mouvement brusque. Si l'on tentait de l'attraper, il fuyait, mais revenait généralement la nuit suivante [L. J. pers. comm. 2005].

Note : Deux autres rats adultes ayant réussi à sortir de la cage sont finalement revenus en captivité. L'un d'entre eux était la mère des évadés, qui n'a jamais été très docile. Après un mois passé en extérieur, elle a commencé à revenir vers la véranda et a un jour grimpé sur l'un des êtres humains pour s'asseoir sur sa chaussure et avoir une friandise. Elle est aussi entré par la porte ouverte et dans la maison plusieurs fois. Elle a été remise en captivité et est devenue très docile. L'autre adulte évadé était une femelle agouti qui n'était pas très docile. Elle s'est échappé mais a refusé de quitter les environs de la véranda et au bout d'un jour et demi elle a retrouvé le chemin de sa cage [L. J. pers. comm. 2005].


Rats domestiques dans la nature

<y>Colonie de rats albinos dans le Montana, USA</u> : Minckler et Pease (1938) mentionnent une colonie de rats albinos vivant dans un enfouissement du Montana, qui dénombrerait environ 2 000 rats en 1937. La source exacte de ces rats est inconnue, mais on suppose qu'ils ont été relâchés par des étudiants de l'université locale. La nourriture abondante, l'eau, le refuge et le peu de prédateurs ont créé un milieu protégé dans lequel une colonie albinos pourrait survivre, même à des températures extrêmes en hiver allant jusqu'à -25° F (environ -31° C).

Chose intéressante, ces rats albinos ont voyagé par des chemins traversant les tas d'ordures, et ils n'ont jamais quitté ces sentiers, même pour essayer une source de nourriture parfumée à quelques centimètres d'un côté du sentier. Apparemment, ces rats devaient être directement près de la nourriture, presque la toucher, avant d'y être réceptifs.

Maladies et parasites : plusieurs des rats de Minckler et Pease ont eu des kystes au foie, et quelques-uns ont eu des "yeux crouteux", et ont montré des symptômes de la courante "pneumonie de la souris" [par là, je suppose que les auteurs veulent dire que les yeux avaient des croûtes de porphyrine et que les rats avaient des symptômes de mycoplasma pulmonis. A.]. Certains rats ont perdu des poils, sûrement à cause de parasites ou de carences alimentaires. Un grand nombre, surtout parmi les rats les plus jeunes, souffraient de rachitisme.

Rats albinos et hooded de Lanai, Hawaï, USA : Svihla (1936) a signalé des rats bruns albinos et "tachés" (ventre et flancs blancs, sûrement hooded) vivant dans des champs dans des conditions naturelles sur l'île de Lanai, qui est une île du sud de Hawaï. Cet environnement insulaire les met à l'abri : nourriture en abondance, pas de compétition pour l'habitat, et il y a quelques prédateurs (pas de mangouste, quelques chats sauvages et hiboux autochtones). On suppose que les rats sont des descendants de rats domestiques évadés appartenant aux ouvriers philippins faisant des plantations. Les rats évadés se sont reproduits et sont devenus courants dans les champs d'ananas, les maisons, et les immeubles de Lanai City.

Interaction entre rats sauvages et domestiques

Très peu d'études ont placé ensemble des rats sauvages et des rats domestiques, il y a donc très peu d'informations sur la manière dont les rats domestiques et sauvages s'entendent.

Noter, cependant, que les rats à demeure attaquent généralement les intrus dans leur colonie : les rats domestiques attaquent les intrus domestiques, et les rats sauvages attaquent les intrus sauvages. Les études sur l'agressivité des rats envers les intrus sont très courantes. Pour en savoir plus sur eux, visiter la page sur l' agressivité. Ainsi, une prévision légitime sur les interactions entre rats sauvages et domestiques est que les rats sauvages à domicile pourraient attaquer un rat domestique intrus, et les rats domestiques pourraient attaquer un rat sauvage intrus.

Comment les rats domestiques sont-ils reçus dans les colonies sauvages ?

À ma connaissance, aucune étude n'a examiné comment les colonies de rats sauvages accueillent les intrus domestiques dans la nature.

Cependant, une étude a examiné comment des colonies de rats sauvages en captivité accueillent un intrus domestique. Les rats sauvages ont violemment attaqué l'intrus. La plupart des attaques venaient du mâle dominant, qui bondissait, marchait en crabe, poursuivait et mordait l'intrus. L'intrus a fui, s'est immobilisé, et a passé du temps sur le dos. Le rat dominant sauvage a infligé environ 10 morsures sur l'intrus en 10 minutes, et la majorité des morsures étaient sur le dos de l'intrus. À titre de comparaison, les intrus sauvages introduits dans des colonies sauvages en captivité reçoivent environ 6,9 morsures en 10 minutes (Takahashi et Blanchard 1982).

Comment les rats domestiques accueillent-ils les rats sauvages ?

Quand un rat brun sauvage a été placé dans une colonie de rats domestiques en captivité, le niveau d'attaque par mâle dominant sur l'intrus a été faible. Cela pourrait s'expliquer par le fait que l'intrus sauvage faisait preuve d'un intense comportement défensif, et l'intrus sauvage était aussi plus rapide que les rats domestiques. Ainsi, le mâle dominant le poursuit mais entreprend rarement de l'attraper. En plus de la poursuite, le rat domestique marche en crabe, et lorsque cela est possible, mord l'intrus. L'intrus présente un comportement défensif : il fuit, s'immobilise, boxe, et passe du temps sur le dos. Les rats dominants ont infligé environ 1 morsure au rat sauvage en 10 minutes, et la plupart des morsures étaient sur le dos de l'intrus. À titre de comparaison, les intrus domestiques introduits dans des colonies domestiques reçoivent environ 5,6 morsures en 10 minutes (Takahashi et Blanchard 1982).

Conclusion

Les interactions entre rats sauvages et domestiques sont similaires aux interactions entre rats sauvages et entre rats domestiques. Peu importe que les rats soient sauvages ou domestiques, les rats à domicile, surtout les mâles dominants, ont tendance à attaquer les intrus. Les deux asymétries découvertes entre les rats sauvages et domestiques sont que les rats sauvages attaquent en bondissant, ce que l'on retrouve rarement chez les mâles domestiques, et les rats sauvages sont plus rapides que les rats domestiques. Cette différence de rapidité signifie que les rats sauvages pourraient avoir un avantage lors des interactions sauvages vs. domestiques : lorsque le rat sauvage est à domicile, il peut avoir une attaque plus efficace, et lorsque le rat sauvage est l'intrus, il peut plus facilement éviter les attaques.