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Rat Behavior and Biology : Nid commun

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Nid et allaitement communs chez les rats bruns
(http://www.ratbehavior.org/CommunalNesting.htm)


Auteur original : Anne Hanson (11 août 2005)
Traduction : Cécile Voisin (26 juin 2011)
Correction : Charlotte Dumartin et Estelle Deyrieux


Parfois, les rates combinent leurs portées dans un unique nid. Les mères élèvent et allaitent leurs portées ensemble. Pourquoi les rates font-elles cela ?


Sommaire

Résumé

Le nid commun a lieu lorsque deux rates ou plus élèvent leurs portées dans un même nid. De telles mères peuvent aussi partager leur lait avec la progéniture d'une autre mère.

Toutes les rates ne sont pas égales face au partage du nid. La familiarité et la parenté jouent un grand rôle. Deux sœurs ayant grandi ensemble ont plus de chance de mettre en commun leur progéniture et de partager la parenté que des femelles s'étant connues pendant seulement quelques semaines. Les femelles non-familières ont tendance à ne pas mettre leurs progénitures en commun, et lorsqu'elles le font, une femelle a tendance à monopoliser la portée. Deux sœurs familières sont plus efficaces que deux femelles non-familières : en général elles produisent plus de progéniture sevrée et sont moins infanticides que les femelles non-familières.

L'infanticide peut être un problème entre les couples de mères non-familières. Les portées ont tendance à ne pas être synchronisées, elles arrivent donc à des moments différents. Chez 44 % des couples non-familiers, la seconde femelle, encore gestante, tue tout ou partie de la portée de la première mère dans les heures suivant sa naissance. En revanche, seulement 11 % des couples de sœurs familières expérimentent l'infanticide.

Les couples de sœurs familières ont une autre sorte d'inégalité. La deuxième portée née des couples de sœurs est désavantagée par rapport à la première portée, et a tendance à subir un fort taux de mortalité. Cela a lieu car dans les portées de différents âges mises en commun la portée la plus jeune et la plus petite est forcée de rivaliser avec la portée plus ancienne et la plus grande pour le lait. Un autre problème est que la portée la plus ancienne tète sa tante avant qu'elle ne mette bas. Un tel allaitement pré-partum rend ses tétines inutilisables pour ses propres ratons lorsqu'ils naissent. Ainsi, sa propre portée peut seulement s'allaiter à l'autre mère. Donc, les ratons nés en deuxième sont non seulement plus petits et moins compétitifs que leurs cousins plus âgés, mais ils ne peuvent en plus que s'allaiter à l'une des deux mères.

Si les portées ne sont pas synchronisées, avec une différence d'âges de plus de deux semaines entre les deux portées, la mortalité de la seconde portée tend à être très élevée. La portée la plus âgée envahit le nid de la jeune portée, piétine et blesse les ratons, monopolise le lait de la mère et abime ses tétines. Dans de telles conditions, plus des deux tiers de la seconde portée mourra en quelques jours. Les ratons de la seconde portée qui survivent ont cependant tendance à avoir un poids plus élevé au sevrage.

Cependant, si les portées sont synchronisées (différence d'âge de moins de deux semaines) et que les mères des nouveaux-nés n'allaitent pas les plus vieux ratons, le nid commun peut ne pas augmenter la mortalité des petits. Dans ce cas, la synchronisation des naissances peut être bénéfique pour la portée la plus ancienne sans pour autant endommager la plus récente. Les ratons nés en second ne pèsent pas plus lourd, et la survie des portées n'est pas significativement augmentée.

Chez les rats en captivité, élever une portée toute seule semble être la meilleure des stratégies. En général, les femelles captives qui s'occupent de leurs portées seules élèvent presque tous leurs ratons jusqu'à leur sevrage (89 %). Le nid commun n'augmente pas les chances de survie des portées, et dans certains cas le nid commun entraîne un plus fort taux de mortalité (infanticide de la première portée, mortalité élevée de la seconde portée). Dans la nature, cependant, l'élevage commun peut être plus bénéfique car les nids communs peuvent protéger les ratons du froid, des mâles infanticides, et peuvent réduire le risque de prédation.

Que sont le nid et l'allaitement communs ?

Le nid commun, ou partage du nid, a lieu lorsque plusieurs femelles partagent l'élevage d'une ou plusieurs portées dans le même nid. Chez les rats, le nid commun implique deux mères ou plus élevant leurs portées ensemble. Certains mammifères partageant un nid, dont les rats, peuvent aussi utiliser l'allaitement commun, ou allo-allaitement, le fait de partager son lait avec des petits qui ne sont pas les siens. Le nid commun et l'allaitement commun ont chacun des pour et des contre, ils doivent donc être considérés séparément (Hayes 2000).

Le nid commun chez les rats bruns domestiques

La probabilité d'élevage commun peut augmenter avec le degré de parenté ou de familiarité. En d'autres mots, des mères, des filles adultes, des sœurs, des tantes et des rates qui grandissent ensemble ont plus de chances de partager leur nid que des femelles non-familières.

Schultz et Lore (1993) ont étudié la réussite reproductive chez des couples familiers et non-familiers de rates gestantes. La moitié des couples était des sœurs ayant grandi ensemble, l'autre moitié était des femelles non-apparentées qui cohabitaient pour la durée de leur gestation. Voici les résultats :

Les couples de sœurs élèvent plus de progéniture que les couples non-apparentés

Les couples de sœurs ont donné naissance à plus de ratons que les couples non-familiers (437 vs. 368 ratons). Après la naissance, les deux groupes de rates ont élevé un pourcentage similaire de ratons jusqu'au sevrage (environ 60 %). Les couples de sœurs ont aussi plus souvent mis leurs portées dans un seul nid. Les femelles non-familières ont eu tendance à maintenir des nids séparés (Schultz et Lore 1993).

Les sœurs partagent plus l'éducation que les couples non-apparentés

Les couples familiers ont eu tendance à partager les soins apportés aux ratons, avec les deux femelles en contact avec la portée en même temps. En revanche, chez les couples non-familiers avec les portées en commun une unique mère a eu plus tendance à s'occuper de tous les ratons des deux portées. Cependant, cela n'a pas semblé affecter les taux de survie : des nombres similaires de ratons ont survécu que deux mères se soient partagées les tâches ou qu'une seule mère ait tout fait elle-même (Schultz et Lore 1993).

Les sœurs ont moins de risque de commettre un infanticide

Les sœurs ont moins de risque de commettre un infanticide que les femelles non-familières. Onze pour cent des femelles provenant de couples familiers ont tué toute ou une partie de l'autre portée, contre 44 % chez les couples non-familiers. Dans presque tous les couples non-familiers, l'infanticide a consisté en une femelle gestante tuant la première portée née de l'autre femelle peu après sa naissance. Cela a en général commencé, non par une attaque sur les ratons, mais par la consommation du placenta progressant en cannibalisme (Schultz et Lore 1993).

Les portées nées en second ont des problèmes dans les couples de sœurs

Les portées nées en premier et en second ont eu des taux de survie approximativement égaux (49,4 % vs. 58 %) chez les couples non-familiers. Cependant, lorsque les mères sont apparentées, la première portée née a eu plus de chances de survie (76,1 %) que la seconde (45,1 %). La faible survie de la seconde portée a eu lieu car la seconde mère partage les soins de la première portée : la portée la plus récente avait donc un désavantage compétitif avec les ratons les plus âgés lors de la lutte pour téter (Schultz et Lore 1993).

Si les rats les plus âgés tètent la mère s’apprêtant à mettre bas, ils rendent les tétines inutilisables pour les nouveaux-nés. Sachs et Rosenblatt (1974) ont découvert que les ratons nés d'une mère qui allaitait une progéniture plus âgée avant de mettre bas perdent rapidement du poids et souffrent d'un fort taux de mortalité. Cela arrive car les tétines d'une rate qui va donner naissance sont appropriées à l'allaitement des nouveaux-nés. Lorsque les ratons grandissent, les mamelles s'adaptent petit à petit à leurs succions plus fortes. Le développement des mamelles et l'allaitement des ratons sont donc synchronisés et restent mutuellement adaptés à la croissance des ratons. Si les ratons plus âgés s'allaitent aux mamelles d'une rate qui va mettre bas, leur succion puissante abîment ses tétines. De tels tétines deviennent très rouges et peuvent avoir des croûtes de sang séché. Le sang coagulé peut aussi bloquer les conduits des mamelles (Sachs et Rosenblatt 1974).

Ainsi, dans un nid commun comportant des portées d'âges inégaux, la deuxième portée a seulement accès au lait de la première femelle car leur propre mère a les mamelles trop abîmées pour qu'ils les utilisent. De plus, la seconde portée doit rivaliser avec une portée plus âgées et plus forte pour obtenir le lait de la première mère. Cela donne à la deuxième portée un gros désavantage.

Ce désavantage compétitif est particulièrement prononcé quand la différence d'âge est entre 15 et 28 jours. Dans cette situation, la portée plus âgée envahit rapidement le nid et abime les tétines. Les ratons dans cette situation meurent généralement dans les 3 jours suivant leur naissance (Mennella et al. 1990).

Le nid commun peut ne pas nuire aux ratons si la différence d'âge est faible

Si les portées sont nées à moins de deux semaines d'intervalle, la survie peut être similaire à celle d'une portée née seule. Les deux mères commencent à allaiter les deux portées en même temps : lorsque la nouvelle portée a environ 4 jours. Les mères partagent le fardeau de la lactation de manière à peu près égale (Mennella et al. 1990).

Ainsi, lorsque les naissances sont synchronisées, les deux portées ont tendance à survivre, mais si les portées ne sont pas synchronisées la seconde, plus jeune, a tendance à mourir. Chose intéressante, si la mère de la seconde portée asynchronisée perd ses petits elle est rapidement de nouveau en chaleur et redevient gestante. Dans ce cas, le prochain écart entre les deux portées des pères est plus synchronisé. Ainsi, la compétition inter-portée peut entrainer un cycle de naissances synchronisées (Mennella et al. 1990).

Dans certains cas, le nid commun peut augmenter le poids des ratons

Environ seulement 30 % des nouveaux-nés survivent en présence de ratons plus âgés. Ceux qui survivent, cependant, ont un poids moyen plus élevé au sevrage que ceux nés en présence de ratons plus jeunes (86,7 g vs. 73,2 g) (Mennella et al. 1990).

De la perspective de la portée née en premier, la synchronisation des naissances bénéficie à la portée la plus ancienne : les portées nées en premier dans des situations synchronisées (différence d'âge de 0 à 2 semaines) pèsent plus lourd au sevrage que les portées nées en premier dans des situations asynchronisées (différence d'âge de 2 à 4 semaines) (90 g vs. 80 g pour les mâles, 84 g vs. 73 g pour les femelles). La synchronisation des naissances n'augmente pas le poids de la seconde portée (Mennella et al. 1990).

Les mères dominantes élèvent plus de ratons que les dominées

Schultz et Lore (1993) ont découvert que les femelles dominantes ont donné naissance au même nombre de ratons que les rates dominées, mais plus de ratons de la femelle dominante ont survécu au sevrage que de ratons de la dominée (228 ratons vs. 188 ratons). Noter que la dominance n'était pas liée à l'ordre des naissances : les mères des portées nées en premier pouvaient autant être des dominantes que des dominées que les mères des portées nées en second. Chez les couples non-familiers, la rate dominante était aussi celle ayant plus de chance de monopoliser la portée entière.

Le nid commun chez les rats bruns sauvages

Les comptes rendus portant sur l'élevage commun chez les rats sauvages sont variés : certains ont creusé des nids montrant des portées d'âges mélangés, ce qui indique un élevage commun (Steiniger 1950, comme signalé dans Schultz et Lore 1993), d'autres ont découvert seulement de petits groupes de ratons du même âge indiquant des portées seules (Telle 1966, comme signalé dans Schultz et Lore 1993). Cette divergence pourrait être due à la parenté des mères : les rats de Steiniger appartenaient à des populations stables de rats sauvages dans de larges enclos, donc les femelles avaient des chances d'être des sœurs ayant été élevées ensemble et ayant mis en commun leur progéniture. Les rats de Telle, cependant, provenaient de groupes récemment formés d'individus non-apparentés ayant été élevés séparément.

Calhoun (1963) signale que les mères et leur progéniture âgée situées dans un cadre semi-sauvage pourraient parfois partager un terrier commun, ce qui est propice au nid commun, mais il n'a pas recensé de partage de nid.

L'élevage en commun est-il meilleur que l'élevage seul

  • En captivité

En captivité, les rates laissées seules élèvent un plus haut pourcentage de ratons jusqu'au sevrage (89 %) que les femelles qui font nid commun (60 %). Ainsi, en captivité les femelles élèveront plus de ratons jusqu'à leur sevrage si elles les élèvent seules (Schultz et Lore 1993).

C'est différent pour les souris en captivité, qui ont tendance à élever plus de ratons lorsqu'elles font nid commun que lorsqu'elles sont seules (König 1994).

  • Dans la nature

Chez les rats, l'élevage commun en captivité est moins efficace que d'élever une portée seul. Dans la nature, cependant, l'élevage commun, surtout par des femelles apparentées, peuvent avoir d'autres bénéfices tels qu'une défense contre l'infanticide, la dilution du risque prédateur, et la chaleur. Voir ci-dessous pour en savoir plus sur les bénéfices de l'élevage commun.

Pourquoi partager un nid ?

Il y a plusieurs hypothèses sur la raison qui pousse les femelles à partager un nid. L'une de ces hypothèses a des preuves à l'appui, mais plusieurs n'ont pas encore été testées sur les rongeurs en général ou les rats en particulier. Ces hypothèses viennent essentiellement d'un rapport de Hayes (2000) sur le nid commun chez les rongeurs.

Contraintes environnementales

  • La foule : peut-être

Dans un habitat bondé, toutes les bonnes places pour vivre peuvent être occupées, donc les ratons les plus âgés restent groupés et partagent le même nid avec leurs mères, sœurs, et tantes. Une augmentation de l'utilisation commune des nids avec une plus grande densité de population a lieu chez les souris à pattes blanches et certains campagnols, mais cela n'a pas été testé chez les rats.

  • Ressources groupées : peut-être

Si les ressources sont groupées, les rongeurs peuvent se rassembler autour de ces tas et peuvent faire nid commun. Inversement, si la nourriture est étalée, les rongeurs ne vont pas faire nid commun. Cette corrélation existe chez les souris grises, qui font nid commun dans les granges (où toute la nourriture est groupée) mais pas dans les champs (où la nourriture est éparpillée). Aucune étude n'a encore examiné cela chez les rats.

Bénéfices de la vie de groupe

  • Chaleur : peut-être

Les rongeurs pourraient faire nid commun pour les bénéfices apportés par un groupe, comme la chaleur. Les jeunes rongeurs dépendent entièrement de leur mère pour la chaleur, donc un plus grand nombre de mères pourrait en apporter de manière plus constante. Cependant, l'hypothèse de la chaleur est controversée car les mères rongeurs dans les terriers semblent totalement capables de réchauffer leurs portées seules.

  • Défense contre l'infanticide : peut-être

Le nid commun peut être utile car il implique plus de femelles pouvant lutter contre l'infanticide. La défense commune contre l'infanticide existe chez les spermophiles et les souris, mais n'a pas été testée chez les rats.

  • Défense contre la prédation : probablement pas

Plus de mères pourrait signifier que le nid a plus de chances d'être défendu contre les prédateurs. Cependant, la défense contre la prédation pourrait ne pas être significative pour les rongeurs car même des rongeurs déterminés restent largement sans défense face à beaucoup de prédateurs.

  • Dilution du risque de prédation : peut-être

Cependant, si une femelle fait nid commun cela signifie qu'en cas d'attaques de prédateur il y a une chance que la progéniture mangée ne soit pas la sienne, elle dilue donc les risques de sa propre progéniture. L'effet de dilution a été découvert chez les chiens de prairie, mais n'a pas été examiné chez les rats.

  • Adoption : probablement pas

Si la mortalité des femelles est élevée, les femelles peuvent faire nid commun afin que si elles meurent leurs petits puissent être adoptés par l'autre femelle. Cela pourrait être particulièrement attirant si les mères sont déjà liées, ainsi la mère adoptive élève en fait ses propres enfants, petits-enfants, nièces et neveux. Cela semble être le cas chez les campagnols, mais cette hypothèse n'a pas été confirmée chez d'autres rongeurs malgré leur mortalité élevée.

Pourquoi allaiter d'autres ratons ?

L'allaitement commun participe-t-il à la survie des ratons d'une mère, ou est-il un effet secondaire mal adapté du nid commun ?

Bénéfices proposés d'allaitement commun

Les mères peuvent tirer un bénéfice de l'allaitement commun étant donné que leurs petits sont nourris lorsqu'elles s'éloignent du nid (voir Hayes 2000 pour une analyse). Chez les souris, les femelles qui allaitent en commun avec des parents proches élèvent une moyenne de cinq progénitures de plus dans leur vie que les femelles nichant seules, ou que les femelles partageant un nid mais pas l'allaitement (König 1994). Cependant, l'étude décrite ci-dessus de Schultz et Lore (1993) indique que les rates familières qui font nid et allaitement communs n'élèvent pas autant de progéniture que les rates logées seules.

Ou bien est-ce un effet secondaire mal adapté ?

L'allaitement est extrêmement coûteux, donc nourrir plus d'une portée pourrait épuiser la mère. Plus une mère doit allaiter jeune, plus elle produit de lait. Cependant, cette augmentation n'est pas linéaire, donc dans les grandes portées chaque raton à moins de lait par tête, et la qualité de lait baisse aussi. König et al. (1988) ont découvert que les souris avec 12 petits produisaient seulement 40 % plus de lait que les mères avec 6 petits, et leur lait contenait seulement 30 % d'énergie en plus. Les petits de la souris venant des plus grandes portées ont grandi plus lentement et ont eu un poids de sevrage plus faible que ceux provenant de petites portées. Ainsi, si une femelle allaite plusieurs portées dans un nid commun, le coût pour elle peut être plus élevé que si elle avait eu une portée plus grande, et la progéniture peut avoir moins de lait dans l'ensemble bien que plus de mères en fournissent.

Certaines mères peuvent tricher, laissant l'énorme fardeau de l'allaitement en grande partie à une autre. Une telle inégalité de soin arrive chez les couples de rates : chez les couples non-familiers une femelle a tendance à monopoliser les soins. Chez les couples apparentés les soins sont partagés équitablement, mais la portée la plus jeune peut seulement s'allaiter à une mère, donc l'allaitement est encore distribué inégalement entre les mères apparentées (Schultz et Lore 1993). Ainsi, les bénéfices du nid commun peuvent tomber inégalement sur les mères participantes.

Tout comme les mères peuvent ne pas bénéficier de manière égale du nid commun, les portées peuvent aussi subir cette inégalité : dans les nids d'âges mélangés les animaux les plus jeunes peuvent rivaliser avec les animaux plus grands et plus vieux pour le lait, ce qui les désavantage. Chez les rats en particulier, les animaux les plus jeunes peuvent être incapables de s'allaiter à leur propre mère car la portée la plus ancienne a rendu ses tétines inutilisables (Sachs et Rosenblatt 1974).

Les coûts d'une lactation augmentée peuvent être compensés par les bénéfices du nid commun. Les femelles allaitent sélectivement seulement leur propre portée, ainsi l'allaitement commun peut simplement être un effet secondaire inéluctable du partage de nid (e.g. chez les souris, Manning et al. 1995; voir Hayes 2000 pour une analyse). Dans la nature, cependant, les coûts et bénéfices peuvent différer : si l'apport de nourriture est irrégulier le coût d'une lactation accrue due à un nid commun peut être sévère.