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Rat Behavior and Biology : Morsures de rat sauvage

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Morsures de rats sauvages
(http://www.ratbehavior.org/WildRatBites.htm)


Auteur original : Anne Hanson (22 mai 2007)
Traduction : Cécile Voisin (25 juin 2011)
Correction : Charlotte Dumartin, Estelle Deyrieux et Laura De Paepe


Sommaire

Résumé

Les rats sauvages sont des animaux commensaux dont l'habitat naturel se trouve dans et autour des bâtiments humains : fermes, villes, égouts, décharges. Dans les villes, les rats sauvages sont plus courants dans les quartiers à faible statut socio-économique.

Les morsures de rats sauvages sont relativement rares, mais leur nombre exact ne peut pas être déterminé car les morsures sont en grande majorité non-signalées. Des gens de tous âges sont mordus par des rats sauvages urbains, mais la majorité des patients mordus par un rat sont des enfants. La plupart des morsures ont lieu la nuit lorsque le patient dort. Les rats ont tendance à mordre des parties du corps étant exposées lors du sommeil, comme les mains et les doigts.

Les morsures de rats ne sont en général pas graves : la plupart des morsures sont simplement nettoyées et le patient peut immédiatement rentrer chez lui. Le taux d'infection des morsures de rats est très faible : environ 2%.

Très rarement, un rat peut transmettre des maladies telles que la fièvre par morsure de rat ou la variole du rat via une morsure. Les rats ne sont pas un risque de rage aux États-Unis.

Les morsures de rats sauvages sont-elles courantes ?

Il est difficile d'estimer la fréquence des morsures de rats sauvages, car les morsures d'animaux ont tendance à être sous-signalées. Probablement moins de 10% de toutes les morsures ont des consultations pour des soins médicaux (Strassburg et al. 1981). Sur les morsures avec consultation, une étude a découvert que seulement 41 % sont rapportées aux autorités sanitaires (Beck 1981). Même les morsures de chiens sont sous-signalées : en Pennsylvanie, une étude sur des enfants âgés de 4 à 18 ans a découvert que le taux de morsures était 36 fois plus élevé que le taux rapporté aux autorités sanitaires (Beck et Jones 1985).

Les morsures de rats sont aussi grandement sous-signalées. Les visites des Services Sociaux chez les patients mordus par des rats ont démontré que les membres de la famille des patients n'avaient généralement pas signalé les morsures de rats (Ordog et al. 1985).

En général, cependant, il semble que les morsures de rats soient relativement rares même dans des régions où les rats sont courants. Un sondage sur 1 363 personnes à Baltimore a montré que bien que presque les deux tiers des personnes interrogées (64 %) disaient voir des rats dans les rues et les ruelles, seulement 6 % disaient avoir vu des rats dans des résidences et seulement 1,2 % avaient été mordus par des rongeurs (rat ou souris) dans leur vie (Childs et al. 1991).

Hirshhorn et Hodge (1999) ont découvert que la fréquence de morsures par rat à Philadelphie était de 2,12 morsures pour 100 000 personnes par an de 1974 à 1984, et de 1,39 pour 100 000 personnes par an de 1985 à 1996.

Où se trouvent les rats des villes sauvages ?

Les rats des villes sauvages se trouvent dans et autour des habitations, des ruelles, des égouts et des zoos (Childs et al. 1991, Farhang-Azad et Southwick, 1979). Les infestations de rats sont associées à des régions à faible statut socio-économique (Davis 1949, Childs et al. 1991).

Childs et al. (1998) ont examiné les caractéristiques environnementales et sociales des pâtés de maisons de 514 patients ayant été mordus par des rongeurs (81 % de leurs morsures venaient de rats). Les auteurs ont découvert que la majorité des personnes ayant été mordues vivaient des des quartiers pauvres défavorisés. Ces quartiers à haut risque étaient plus peuplés, avaient des pâtés de maisons plus chargés, un plus haut pourcentage de logements locatifs, et plus d'adresses vacantes que les zones à faible risque. La population avait tendance à avoir un haut pourcentage de minorités ethniques (sauf des asiatiques), un grand pourcentage d'enfants et une faible quantité de personnes de plus de 65 ans.

Les quartiers à haut risque avaient aussi tendance à être près des métros, des stations d'épuration, des chemins de fer et des parcs, qui sont des sources potentielles de refuge et de nourriture pour les rats bruns. Cependant, vivre à proximité des transports bruyants et des stations d'épuration pourrait aussi être une caractéristique des quartiers moins bien nantis (Childs et al. 1998).

Caractéristiques des morsures de rat

Hommes vs. femmes

Les femmes auraient légèrement plus de risques d'être mordues que les hommes (51,5 % des femmes vs. 48,5 % des hommes, Childs et al. 1998 ; 58 % des femmes vs. 42 % des hommes Ordog et al. 1985 ; 52 % des femmes vs. 48 % des hommes de 1974 à 1984, Hirshhorn et Hodge1999 ; 56,5 % des femmes vs. 42,6 % des hommes de 1985 à 1996, Hirshhorn et Hodge, 1999).

Âge

L'âge moyen des patients mordus serait en général relativement faible.

Hirshhorn et Hodge (1999) ont étudié 622 cas de morsures de rats déclarés à Philadelphie de 1974 à 1996. L'étude a découvert que les morsures de rat affectent d'abord les enfants âgés de cinq ans et moins, la fourchette allant de moins de 5 ans à plus de 75 ans.

Childs et al. (1998) ont découvert un âge moyen plus tardif de 22 ans avec une fourchette allant de moins de 1 an à 93 ans.

Ordog et al. (1985) ont découvert que l'âge moyen d'un patient mordu était de 10,8 ans, l'âge allant de 5 mois à 42 ans. La majorité (74 %) des patients mordus avaient moins de 15 ans, alors que 45 % avaient moins de cinq ans.

Sallow a examiné les morsures de rats à Baltimore entre 1948 et 1952. Cette étude a montré que 60,5 % des victimes avaient moins de six ans. Les enfants de moins d'un an représentaient 24,5 %.

Richter (1945) a étudié les morsures de rats à Baltimore entre 1939 et 1943. Cette étude a montré que 60 % des victimes de morsures de rat avaient moins de 1 an.

Race

De 1974 à 1996, Hirshhorn et Hodge (1999) ont découvert que 50 % des victimes de morsures de rat étaient noirs, 28 % étaient blancs, et 22 % étaient d'origine asiatique ou espagnole. Les noirs et les hispaniques étaient disproportionnellement représentés comme ayant un haut risque de recevoir une morsure de rat. Entre ces deux groupes, les hispaniques avaient un taux d'incidence quatre fois plus élevé que les noirs.

Statut socio-économique

La plupart des morsures ont lieu dans des quartiers avec le pourcentage le plus élevé de familles vivant sous le seuil de pauvreté et le pourcentage le plus élevé de chômage. Il y a un lien étroit entre la fréquence de morsures de rats et la pauvreté (Hirshhorn et Hodge 1999).

Infirmité et faiblesse

90 % des patients mordus par un rat de Ordog étaient soit des enfants, soit des personnes ayant une instabilité physique ou mentale comme du diabète, un trouble psychiatrique, un état d'ébriété ou une blessure récente (Ordog et al. 1985).

Emplacement des personnes mordues

Toutes les morsures par rat de Ordog (1985) ont eu lieu dans les propres maisons des patients. Hirshhorn et Hodge (1999) ont découvert que 92 % des morsures avaient lieu dans une maison (67 % de logements unifamiliaux, 25 % des logements de familles multiples), alors que les 8 % de morsures restantes avaient lieu dans d'autres structures (e.g. laboratoires de recherche et écoles).

Hirshhorn et Hodge (1999) ont découvert que 53 % des victimes de morsures de rats signalées entre 1985 et 1996 (33 % entre 1974 et 1984) vivaient dans une résidence en mauvais état physique et ayant de mauvaises conditions sanitaires intérieures et extérieures.

Activité des personnes mordues

La majorité des personnes ont été mordues la nuit alors qu'elles dormaient (72 %, Ordog et al. 1985 ; 54,6 % Childs et al. 1998 ; 86 %, Hirshhorn et Hodge 1999 ; 100 %, Richter 1945 ; 80 %, Sallow 1953). Une morsure a eu lieu alors qu'un patient essayait de nourrir un rat sauvage à la main (Ordog et al. 1985).

Hirshhorn et Hodge (1999) ont découvert que la plupart des morsures (83 %) avaient lieu entre minuit et 6 heures du matin.

Quelles parties du corps les rats mordent-ils ?

La plupart des morsures sont faites aux extrémités. La raison est que la plupart des personnes sont mordues la nuit lorsqu'elles dorment. Les rats ont tendance à mordre les parties du corps qui sont exposées lors du sommeil : le visage, les bras et les mains.

Ordog et al. (1985) ont découvert que 70 % des morsures de rats seraient faites aux extrémités supérieures : bras, poignets, mains, doigts. 18 % seraient faites aux extrémités inférieures des jambes, cuisses, ou fesses. Les 14 % restants des morsures seraient faites sur la figure. La majorité de ces morsures seraient faites sur des zones du corps exposées lorsque le patient dormait.

Childs et al. (1998) ont découvert que 59,8 % des morsures seraient faites aux extrémités supérieures des bras, poignets, mains ou doigts. 28 % seraient faites aux extrémités inférieures des jambes, pieds ou doigts de pieds alors que 9,3 % seraient faites à la tête, au visage ou au cou. Les 2,4 % restants seraient faites au corps et au tronc.

Hirshhorn et Hodge (1999) ont découvert que 48,3 % des morsures seraient faites aux mains, 19,6 % à la tête, 15 % aux pieds et 9 % aux jambes.

Richter (1945) a découvert que 48 % des morsures seraient faites aux mains et aux bras, 20 % au visage et 19 % aux jambes et pieds.

Période de l'année

Hirshhorn and Hodge (1999) ont découvert que la plupart des morsures (48 %) ont lieu de mai à août.

Type de blessure

61 % des morsures seraient de simples ou de multiples piqûres. 14 % seraient des lacérations (toutes de moins d'1 cm), 12 % seraient des abrasions, 6 % seraient des ecchymoses (saignements dans la peau), 5 % seraient des hématomes (bleus), et 2 % seraient des fractures (le bout d'un doigts d'un patient a été fracturé). 12 % des patients ont reçu des blessures de plusieurs types (Ordog et al. 1985).

Traitement et taux d'infection

La plupart des morsures de rats n'étaient pas graves. Childs et al. (1998) ont découvert que la plupart des morsures étaient simplement nettoyées et 98 % de 514 patients pouvaient immédiatement rentrer chez eux. Ordog et al. (1985) ont examiné 50 patients mordus par un rat, et seulement un patient (2 %) a développé une infection bactérienne nécessitant des antibiotiques.

Lorsque les blessures de morsures étaient nettoyées, seulement 30 % des blessures avaient une culture bactérienne positive. Parmi celles-ci, 43 % étaient des Staphylococcus epidermidis. Les autres étaient des Bacillus subtillus, des diphtéroïdes, et des streptocoques alpha-hémolytiques (Ordog et al. 1985).

Résumé du profil des victimes

La victime d'une morsure de rat est souvent un enfant de n'importe quel sexe ayant moins de 5 ans, dont la peau n'est en général pas blanche. La victime est généralement mordue au visage ou sur les bras lorsqu'elle dort chez elle dans son lit, à un moment se situant entre minuit et 8 heures du matin. Les jeunes enfants pauvres sont plus souvent mordus par des rats que les adultes (Hirshhorn et Hodge 1999).

Maladies transmises par morsure de rat

Les maladies transmises par morsures de rats sont rares. Sur deux sondages de 514 et 50 patients mordus par un rat, aucun patient n'a contracté de maladie (Childs et al. 1998, Ordog et al. 1985).

Très rarement, un rat peut transmettre la fièvre par morsure de rat (Graves et Janda 2001, Grude 2001, Schuurman et al. 1998, Hagelskjaer et al. 1998, Hockman et al. 2000, Weber 1982) ou la variole du rat/variole bovine (Marennnikova et al 1988, Postma et al. 1991). La rage venant de rats est très rare et n'a jamais été répertoriée aux États-Unis. Cependant, quelques cas de rage par morsure de rat ont été répertoriés en Pologne (Zmudziñski et Smreczak 1995, décrit dans Wincewicz 2002), en Israël (Gdalevich et al. 2000), en Thaïlande (Kamoltham et al. 2002) et au Suriname (Verlinde et al 1975).

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