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Rat Behavior and Biology : Les dents du rat

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Les dents du rat
(http://www.ratbehavior.org/Teeth.htm)


Auteur original : Anne Hanson (25 octobre 2006)
Traduction : Cécile Voisin (26 janvier 2011)
Correction : Charlotte Dumartin, Estelle Deyrieux et Laura De Paepe
Retouche d'image : Nastasia Garsia Morais


Sommaire

Introduction aux dents du rat

Les mammifères ont quatre sortes de dents qui diffèrent en forme, en fonction, en position dans la bouche, et si elles sont remplacées ou non. Les quatre types sont les incisives, les canines, les prémolaires et les molaires.

Les rats ont des incisives et des molaires (Fig. 1). Les incisives sont les dents les plus à l'avant chez les mammifères. Chez les rats, ce sont quatre longues dents pointues, deux en haut et deux en bas. Les incisives du rats sont hautement spécialisées dans le rongement. Elles n'ont pas de racine, ce qui signifie qu'elles poussent tout au long de la vie. Les molaires sont les dents les plus en arrière dans la gueule, utilisées pour broyer la nourriture avant de l'avaler. Les rats ont 12 molaires, six en haut et six en bas (et trois de chaque côté de chaque mâchoire). Les molaires ne sont jamais remplacées. Les rats ont seulement un ensemble de dents durant leur vie (appelé monophysaire)

Les rats n'ont pas de canines (les dents pointues et coniques utilisées pour maintenir une proie, la défense et le combat), ou de prémolaires (dents broyeuses derrière les canines et devant les molaires). Les rats ont un long espace sans dents dans leur gueule où les secondes incisives, les canines et les prémolaires pourraient être. Cet espace s'appelle le diastème.

Le nombre de types de dents différents chez une espèce est décrit par une formule dentaire, qui est écrite ainsi : I n/n C n/n P n/n M n/n ou I, C, P et M font respectivement référence aux incisives, aux canines, aux prémolaires et aux molaires, et n/n fait référence au nombre de dents inférieures et supérieures de chaque type trouvé sur chaque côté de la bouche. Donc, la formule dentaire du rat est I 1/1, C 0/0, P 0/0, M 3/3. Les rats ont 8 dents sur la mâchoire supérieure et 8 sur la supérieure, pour un total de seize dents.

Anatomie d'une dent

Les dents ont la même composition que les os. Une dent est faite de trois couches de tissus minéralisés : une couche externe solide d'émail forme la couronne de la dent, une couche solide de cément couvre la racine. L'émail et le cément entourent une couche de dentine plus souple et plus vivante qui compense le bulbe de la dent. La dentine entoure un cœur souple de pulpe qui contient les vaisseaux sanguins et les nerfs. Le ligament parondontal (aussi appelé membrane parodontale) est une couche charnue qui réside entre la dent et la cavité dentaire. Il maintient la dent en place, l'attache à ses voisines et permet à la dent de résister au stress de la mastication (Fig 2.)

Les molaires du rat sont similaires à la molaire représentée sur la Figure 2. Les incisives du rat, cependant, ont une unique racine qui continue à grandir tout au long de leur vie.

Les incisives du rat

Les incisives du rat sont les quatre longues dents à l'avant de la mâchoire du rat (Fig 3). Les incisives supérieures sont plus courtes et plus jaunes que celles du bas. Les incisives supérieures font environ 4 mm de long et 1,5 mm de large, les incisives inférieures font environ 7 mm de long et 1,2 mm de large (Weijs 1975).

Les incisives sont spécialisées dans le rongement. Les incisives du rat n'ont pas de racine (Fig 4), ce qui signifie qu'elles poussent tout au long de leur vie (Addison et Appleton 1915). Si elles pouvaient grandir sans restriction, les incisives du rat pousseraient en spirale avec un angle de 86° (Herzberg et Schour 1941). Les rats passent leur vie à ronger et à user leurs dents, ainsi la croissance constante de leurs incisives les empêche d'user entièrement leurs dents.

Les incisive du rat sortent de la gencive 8 à 10 jours après la naissance (Addison et Appleton 1915, Schour et Massler 1949). Le rythme de sortie (le rythme de croissance) des incisives du rat est très élevé : les incisives supérieures du rat adulte grandissent d'environ 2,2 mm par semaine (0,31 à 0,32 mm par jour), et les incisives inférieures grandissent d'environ 2,8 mm par semaine (0,4 mm par jour) (Addison et Appleton 1915). Les dents générées à la base mettent entre 40 et 50 jours à sortir. La dent entière n'a donc jamais plus de 40 à 50 jours (Schour et Massler 1942). Cette croissance rapide empêche aussi les incisives du rat d'avoir des cavités : chaque cavité serait rapidement élargie et usée.

Le rythme de croissance des incisives varie selon les circonstances. Si les incisives sont taillées, elles grandissent plus vite, 1 mm par jour (+/- 0,1 mm) (Law et al. 2003), donc si le rat a tendance à ronger des substances solides et ainsi user rapidement ses dents, les incisives grandiront plus vite pour compenser. Les incisives individuelles peuvent grandir à des rythmes différents selon leur longueur et celle de leurs voisines : si une incisive est raccourcie, elle grandira plus vite que les autres (Burn-Murdoch 1999). Si les incisives supérieures et inférieures ne se rencontrent pas correctement (appelé malocclusion), elles ne peuvent pas s'user normalement et deviennent envahissantes.

Les incisives sont colorées de pigments jaunâtres. Les incisives sont d'abord blanches chez les ratons, mais vers l'âge de 21 jours les incisives supérieures prennent une légère teinte jaune. Vers 25 jours les incisives supérieures sont distinctement jaunes et les incisives supérieures commencent à jaunir. Vers 38 jours ces couleurs sont plus intenses, avec les supérieures plus colorées que les inférieures. Cette relation entre les incisives supérieures plus pigmentées que les incisives inférieures perdure tout au long de la vie du rat. Chez les rats adultes, les supérieures sont jaune-orange foncé et les inférieures sont jaunes (Addison et Appleton 1915).

Une coupe transversale d'incisive de rat montre trois couches : un cœur de pulpe, une couche de dentine souple l'entourant, et une couche solide d'émail recouvrant seulement la surface de la dent (Fig 5, 6). La cavité de pulpe au centre de la dent devient de plus en plus étroite en se rapprochant de l'extrémité de l'incisive (Fig 5). La cavité de pulpe atteint presque la fin de la dent, mais à l'extrêmité elle est remplie de matériaux durs (ostéodentine), ainsi la cavité de pulpe sensible n'est jamais exposée (Addison et Appleton 1915).

Les incisives restent pointues grâce au rongement et au bruxisme, aussi appelé thégosis. Comme les incisives du rat ont un émail solide seulement à la surface de la dent, les incisives s'usent en biais, avec la dentine souple en bas s'usant avant l'émail à l'avant. Cela garantit un bord tranchant en forme de biseau (Fig 6). Les rats peuvent en fait bouger leur mâchoire inférieure vers l'avant afin que leurs incisives inférieures soient en face de leurs incisives supérieures. Quand un rat grince des dents, sa mâchoire est tirée vers l'avant, et ses incisives inférieures se mettent parfois derrière les incisives supérieures (usant les supérieures) et parfois devant elles (usant les inférieures) (Fig 7).

Les rats peuvent ronger avec puissance, car les points d'attachement des muscles qui font bouger la mâchoire inférieure de haut en bas sont loin devant le nez (Fig 8). Cette agencement permet au rat de ronger très efficacement et avec puissance. (L'un de ces muscles de la mâchoire passe à travers l'orbite, derrière l'œil. C'est pourquoi l'œil d'un rat vibre d'avant en arrière, appelé " œil exorbité", quand il grince des dents avec enthousiasme).

Quand un rat ronge, la mâchoire inférieure se déplace vers l'avant, mettant les incisives en contact entre elles et éloignant les molaires les unes des autres. Les incisives supérieures tiennent l'objet et les incisives inférieures le coupent. Ainsi, seules les incisives sont impliquées durant le rongement : les molaires ne se touchent pas quand un rat ronge.

L'émail des incisives du rat est solide, plus solide que le fer, le platine et le cuivre. Plus spécifiquement, mesuré sur une échelle de dureté de Mohs, l'émail des incisives inférieures du rat est à 5,5 (le diamant est à 10). L'émail des humains n'est pas aussi solide, étant à 5 sur l'échelle de dureté de Mohs (ref).

Le rat a de petits rabats de tissu de la joue de chaque côté de l'intérieur de la gueule, qui ferment l'arrière des incisives, avançant dans le trou entre les incisives et les molaires (le diastème) (Fig 9). On pense que ces rabats forment un bouchon qui empêche les débris indésirables d'entrer dans la gueule (Addison et Appleton 1915, Olds et Olds, 1979 ; Bivin et al. 1979).

Le lien entre les deux moitiés de la mâchoire inférieure (symphyse mandibulaire, symphyse mentonnière) n'est pas fusionné, mais est formé de tissus fibreux (fibrocartilage et ligaments entrecroisés). Ces tissus fibreux permettent à chaque côté de la mâchoire inférieure de faire une légère rotation le long de son axe, séparant ainsi les incisives inférieures (Fig 9, 10). L'angle le plus large que l'on peut obtenir est d'environ 40°. La capacité à séparer les incisives inférieures est importante pour la mastication : lorsqu'un rat ronge et mord, il ajuste la séparation de ses incisives inférieures (Weijs 1975, Jolyet et Chaker 1875 comme signalé dans Addison et Appleton 1915).

Les molaires du rat

Les molaires du rat sont les 12 dents pour broyer situées au fond de la gueule. Ce sont des dents larges, plates et sans pigments qui broient la nourriture avant l'ingestion. Quand un rat mâche, la mâchoire bouge afin que les molaires soient en contact entre elles et que les incisives ne le soient pas. Ainsi, seules les molaires sont impliquées dans la mastication : les incisives ne se touchent pas quand un rat mâche.

Les rats ont trois ensembles de molaires (premières, deuxièmes et troisièmes molaires). La première molaire sort au 19ème jour après la naissance, la seconde la 21ème. Après la sortie de la deuxième molaire, le rat peut être sevré. La troisième molaire apparait deux semaines plus tard, entre le 35ème et 40ème jour. Vers l'âge de 6 semaines, le rat a toutes ses dents et vers le 125ème jour, la pousse des molaires ralentit beaucoup. Après cela, les molaires continuent à pousser et à s'user, mais à un rythme si faible qu'il est presque indiscernable (Schour et Massler 1949).


Lectures complémentaires :