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Prévention des tumeurs grâce à la stérilisation chez la rate

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Note : Nous tenons à préciser avant tout que les tumeurs ont une grande influence génétique, et que ce qui est expliqué ci-dessous n'est pas une solution miracle. Bien que réduire le taux d'œstrogène réduit les risques de certaines maladies, des antécédents familiaux de tumeurs et une mauvaise hygiène de vie restent un grand danger pour votre animal.

Il existe plusieurs maladies liées à la production d'œstrogènes chez la femelle. Nous allons nous intéresser particulièrement aux deux plus courantes : la tumeur mammaire, et la tumeur de l'hypophyse (aussi appelée adénome pituitaire).

Pour commencer, une tumeur est une croissance de tissus dans lesquelles les cellules se multiplient de manière anormale, plus ou moins rapidement. Il y a plusieurs facteurs différents : l'âge, le sexe, les antécédents familiaux, la nourriture, l'environnement et aussi un facteur hormonal.

Sommaire

Tumeur mammaire

Comme son nom l'indique, il s'agit d'une tumeur du tissu mammaire. Contrairement à ce que l'on peut penser, ce tissu est extrêmement grand, ne se contentant pas d'être aux alentours des mamelles mais allant du menton à la base de la queue, mais aussi sur les flancs et le dos de l'animal. Ainsi, une tumeur mammaire peut quasiment se trouver n'importe où sur le corps d'une femelle. Il est aussi intéressant de savoir que ce type de tumeur peut arriver chez un mâle, même si cela est extrêmement rare.

Il existe deux types de tumeurs mammaires :

Le fibroadénome mammaire 
C'est une tumeur bénigne, localisée et peu invasive, facilement retirable mais qui a tendance à revenir.
L'adénocarcinome mammaire 
C'est une tumeur maligne, plus rare mais bien plus dangereuse, elle peut métastaser et est souvent difficile à retirer.

Tumeur de l'hypophyse

Rappelons que l'hypophyse, aussi appelée glande pituitaire, est une glande située à la base du cerveau stimulant et contrôlant la production d'hormone des autres glandes endocrines. Les prolactinomes sont des tumeurs pituitaires liées à la production d'œstrogènes.

La majorité des tumeurs pituitaires des rats sont bénignes, ne métastasent pas, mais elles sont inopérables à cause de la petite taille des rats, ainsi leur croissance causera de graves troubles à terme, nécessitant parfois une euthanasie.

L'origine de ces tumeurs reste assez flou, nous savons juste qu'elles sont très rares chez les mâles et que certains facteurs comme l'âge, l'alimentation et bien sur les antécédent génétiques pourraient être liés.

Stérilisation et tumeurs

Plusieurs études menés sur des groupes de rates (un groupe témoin non-stérilisé et une groupe stérilisé par ovariectomie) prouvent que la stérilisation réduit les risques de tumeur mammaire et pituitaire.

Une des dernières études en date a été réalisée par Hotchkiss en 1995 et les résultats sont sans équivoque.

Dans le groupe non stérilisé 
49% ont développé des tumeurs mammaires bénignes, 8,2% ont développé des carcinomes mammaires, et 66% ont développé des adénomes de l'hypophyse,
Dans le groupe stérilisé 
4% des femelles stérilisées ont développé des tumeurs mammaires bénignes, aucune n'a développé de carcinome mammaire et 4% ont développé des adénomes de l'hypophyse.

Une telle différence ne laisse aucun doute sur l'efficacité de la stérilisation.

Mais comment cela se fait-il ? Quel est le lien entre la stérilisation et ces tumeurs ?

La stérilisation, qu'elle soit par hystérectomie, ovariectomie ou les deux, retire les organes sexuels de la femelle, ceux-ci produisant une hormone : l'œstrogène. Les tumeurs mammaires et pituitaires sont liées à la concentration des récepteurs d'œstrogènes et de prolactine (hormones contrôlées par l'hypophyse et l'hypothalamus), contribuant ainsi à leur développement. C'est pourquoi une baisse du taux de ces hormones réduit considérablement les risques.

Âge et effets de la stérilisation

Plus la stérilisation est effectuée tôt, plus elle serait efficace pour éviter les tumeurs mammaires et pituitaires. Dans une étude menée par Anne Hanson (2008) avec l'aide de notes de Joanne Bouchard, la scientifique a fait ressortir la possibilité qu'une stérilisation jeune permettrait une baisse encore plus importante des risques de tumeurs. Mais d'après elle ses chiffres ne sont pas assez significatifs pour affirmer cela.

Il est aussi bon à savoir qu'une rate ayant été opérée d'une tumeur mammaire avant d'être stérilisée n'aurait pas plus de risques de récidives qu'une rate n'en ayant jamais eu. Mais une fois de plus, les chiffres présentés par Anne Hanson ne sont pas assez frappants pour une affirmation.

Risques liés à la stérilisation et au retrait de tumeur

Comme toute opération, la stérilisation et le retrait du tumeur comportent des risques. Il est ainsi difficile de savoir quelle décision prendre pour augmenter les chances de survie et de bonne santé de l'animal. Voici une liste des risques associés :

  • La stérilisation est une opération plus risquée que le retrait d'une tumeur bénigne, étant donné que ce type de tumeur se trouve directement sous la peau alors que les organes génitaux sont bien plus profonds. On est donc en droit de se demander si l'éventualité d'une tumeur n'est pas moins dangereuse pour la survie du rat. De plus, l'anesthésie est toujours risquée.
  • La stérilisation se fait généralement tôt dans la vie du rat, lui permettant de bien se remettre, alors qu'une tumeur est souvent tardive et les risques de ne pas se réveiller est plus important suite à une opération.
  • Les tumeurs récidives souvent même suite à un retrait total de la première. Ainsi, ne pas stériliser augmentant ce risque de récidive, augmentant ainsi le risque de ne pas se réveiller.
  • Comme dit précédemment, on ne peut pas opérer une tumeur de l'hypophyse. Donc ne pas stériliser une rate augmente les risques pour elle de contracter cette maladie incurable.

Faut-il donc faire stériliser ses rates ?

Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise solution.

Il y a la possibilité de stérilisation, sachant que la rate a des risques de ne pas se réveiller, mais ayant environ 95% de chances de ne pas développer de tumeur plus tard.

Il y a la possibilité de ne pas stériliser, sachant que bon nombre de rates ne développeront pas de tumeurs, mais que celles qui en auront pourraient ne pas survivre à une chirurgie. Sans oublier que les tumeurs pituitaires ne sont pas opérables et souvent mortelles à terme.

Il faut aussi savoir qu'une bonne hygiène de vie permet de réduire les risques, des études tendent à démontrer qu'une alimentation équilibrée qui de plus n'est pas mis à disposition toute la journée permet aux rates de mieux résister aux maladies.

Il y a aussi la possibilité de baser son choix sur les antécédents. Une rate venant d'une famille sujette aux tumeurs aura peut être plus de raisons d'être stérilisée qu'une rate venant d'une famille où le risque est réduit.

Ainsi, c'est au propriétaire de choisir ce qui semble le plus efficace à ses yeux.